Palau del vidre

Le territoire de Palau est occupé densément dès l’Antiquité. En effet, plusieurs habitats de cette période ont été recensés et, l’un d’entre eux, appelé Batipalmes, a fait l’objet d’investigations archéologiques. Le site se compose d’un petit habitat à vocation agricole occupé durant les Haut et Bas Empire romain et d’une nécropole à inhumation datée des IIIe et IVe siècles. En parallèle de ces lieux de vie, tout un réseau de voies sillonne le terroir de Palau dès cette époque. Un milliaire (borne ponctuant les voies romaines) attribué au règne de Constantin 1er a été découvert au lieu-dit Camp de la Pedra. Il témoigne du passage de la célèbre voie Domitienne sur la commune et de l’importante fréquentation du lieu à cette période.

Entre l’Antiquité et le Moyen Age, les informations sont ténues et il faut attendre le IXe siècle pour avoir des renseignements sur le village originel de Palau. A cette date, un site (Securianum) est alors concurrencé par un autre habitat (Palatium Radegarium). Securianum apparaît dans les chartes médiévales comme une villa, c’est-à-dire un petit village et son territoire, qui disparaît rapidement de la documentation. Au contraire, le Palatium Rodegarium doit plutôt être interprété comme une bâtisse qui serait le siège d’une autorité, voire du pouvoir public. A partir du XIe siècle, le Palatium Roger devient progressivement Palatium qui préfigure le toponyme Palau. Ce site évolue dans le temps et le silence des chartes, alors que l’église paroissiale Sainte-Marie-de-Palau est attestée en 1100. Dans le même temps, le terroir se structure. Deux autres lieux de culte sont mentionnés : Sainte-Colombe-d’Alemans, en 1074, qui devient Sainte-Colombe-de-Tresmals en 1341, et Saint-Pierre-de-Vilaclara en 1205. Ce dernier fut doté d’un château dès la fin du XIIe. A cette période, Palau est à nouveau documenté par les textes anciens. Un château est indiqué au cœur du hameau. Il apparaît comme un ensemble de bâtisses à usages divers et il se substitue peut-être au Palau primitif. Alors qu’un fossé matérialisait la première fortification villageoise, l’extension des maisons en dehors de cette limite a conduit à la construction d’une enceinte dès le milieu du XIIe siècle. Cependant, en 1172, le comte Guirard de Roussillon lègue Palau à l’ordre du Temple, puissant seigneur foncier roussillonnais. Cette transaction et le contexte très favorable du XIIIe siècle permettent au village de se développer. Mais cet essor est stoppé par les crises du XIVe siècle auxquelles Palau n’échappe pas. Le château semble alors non seulement abandonné mais complètement ruiné.

Palau a une vocation agricole mais le village se caractérise aussi par un artisanat assez rare en Roussillon. L’industrie du verre est attestée à partir du XIIIe siècle, mais se développe surtout au XVe siècle. C’est d’ailleurs à partir de 1442 que la bourgade porte le nom de Palau-del-Vidre. Au milieu du XVe siècle, les verriers sont réunis dans l’ancien Palau alors à l’abandon. Leur nombre témoigne d’une production importante, alimentant le Roussillon et au-delà, jusqu’au XVIIe siècle au moins. Il est vrai que la proximité des Albères fournit le combustible nécessaire alors que la matière première est trouvée sur les rives du Tech.

L’église Sainte-Marie est mentionnée en 1100, elle se trouve au cœur du village, au centre du noyau primitif. Ce bâtiment est assez atypique puisqu’il s’agit d’un vaste édifice quadrangulaire, percé de quatre chapelles latérales (de Saint-Antoine, du Rosaire, du Christ et de Saint-Pierre). Plusieurs opérations archéologiques ont démontré que différents états successifs expliquaient la forme actuelle de cette église. En premier lieu, il faut considérer l’église Sainte-Marie du XIIe siècle, comme un bâtiment un peu plus étroit, mais plus long, dont l’ouverture se trouvait au-delà de l’actuelle, au Nord-Est, matérialisée par un arc triomphal toujours conservé. Dans un second temps, probablement au bas Moyen Age (XIVe siècle ?), l’arc triomphal fut bouché et le bâtiment surélevé. Cette élévation a alors été complétée par une porte et une petite fenêtre axiale. Il n’est pas possible de connaître la forme de la toiture de l’époque. Enfin, dans le courant de l’époque moderne, le chœur fut prolongé vers le Sud-Est et surélevé. Les chapelles latérales ont été construites à cette date. Le bâtiment ne subit plus que des réfections et des remaniements minimes jusqu’à nos jours. Le clocher est une tour carrée réalisée au XIXe siècle.

L’église renferme un mobilier digne d’intérêt. Le plus ancien retable est celui de saint Michel et saint Hippolyte. Il a été réalisé par Arnaud Gassies, célèbre peintre perpignanais en 1454. Le retable de saint Jean est lui aussi daté du XVe siècle. Celui du Rosaire est légèrement plus récent (XVIe siècle), alors que le retable de l’autel majeur a été achevé en 1648 par Lazare Tremullas le Vieux. Parmi le mobilier liturgique, il faut compter deux pièces du XVIe siècle : un calice en argent et une remarquable « vierge ouvrante » et un tabernacle, œuvre de Hyacinthe Rigaud (1609).

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